mercredi 21 septembre 2011

"Introspection" de Peter Handke m.e.s Gwénaël Morin


Passée l’expérience exaltante du Théâtre Permanent aux Laboratoires d’Aubervilliers, on se demandait ce que deviendrait l’audacieux metteur en scène Gwenaël Morin. De retour au Théâtre de la Bastille, il se saisit d’un texte puissant de Peter Handke : « Introspection ». Une confession amère et fulgurante scandée par huit comédiens en quête de « je ».
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"L'Intrus" d'Antoine Rault m.e.s Christophe Lidon


Sur le papier, « l’Intrus » avait tout pour séduire : une variation sur le mythe de Faust avec, à la clé, un face-à-face entre deux immenses comédiens Claude Rich et Nicolas Vaude. À l’arrivée, on constate amèrement que ces grands virtuoses ne peuvent rien face à cette partition faiblarde qui déroule les poncifs existentiels jusqu’à plus soif.

vendredi 15 avril 2011

« Rigoletto », de Giuseppe Verdi


Les queues-de-pie et les robes longues chuchotent dans les loges rouge et or de la Fenice. La reprise de « Rigoletto » de Verdi, joué pour la première fois en 1851 dans ce temple de l’opéra italien, est en soi un évènement. Le spectacle, bien qu’inégal, finit par tenir ses promesses grâce à la performance vocale du baryton Dimitri Platanias, incarnant le bouffon maudit avec une belle et puissante sobriété.



« Le Couronnement de Poppée », de Claudio Monteverdi


Un opéra de Monteverdi à Saint-Denis ! On en rêvait, le Théâtre Gérard-Philipe l’a fait. Sous la direction musicale de Jérôme Correas, les amours de Néron et de Poppée s’incarnent puissamment dans une mise en scène flamboyante. Entre aria et récitatif, les passions humaines se consument inlassablement sous nos yeux.
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lundi 7 mars 2011

Le Neveu de Rameau de Diderot


On ne pouvait rêver plus bel écrin que le Ranelagh pour l’adaptation du « Neveu de Rameau », ce formidable dialogue satirique où Diderot interroge sa part d’ombre. Entre deux airs de clavecin, l’interprétation nerveuse et magistrale de Nicolas Vaude ressuscite le parasite génial du Palais-Royal. Un régal.

Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams



Un vent de révolution souffle sur les institutions : « Un tramway nommé Désir » fait son entrée au répertoire de la Comédie-Française. On se frotte les mains à l’idée de voir le Sud poisseux de Tennessee Williams squatter le plateau de la salle Richelieu. Mais voilà, la mise en scène dispersée de Lee Breuer nous balade un peu partout de la Louisiane au Japon, sans jamais s’arrêter sur la case émotion.
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mercredi 2 février 2011

"Pas d'inquiétude..." de et avec Virginie Hocq


Virginie Hocq est une des meilleures comiques de sa génération. Elle est tout à la fois un croquis animé de Claire Bretecher, un documentaire animalier de la BBC et une interprète de très très haute volée. De retour au Petit Montparnasse avec son one-woman-show « Pas d’inquiétude… », son immense talent et son énergie séduisent toujours autant malgré une écriture parfois inégale.
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"Hitch" d'Alain Riou et Stéphane Boulan


« Hitch », c’est le fantasme de tous les cinéphiles : remonter le temps jusqu’à l’été 1962 et se glisser dans un bureau des studios Universal pour suivre la série d’entretiens mythiques accordés par Alfred Hitchcock à François Truffaut. Évitant le piège d’une restitution figée et réaliste, les auteurs signent ici un polar rythmé et malicieux truffé de bons mots et de rebondissements.
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vendredi 21 janvier 2011

"Une Flûte enchantée" d'après Mozart m.e.s Peter Brook


On s’attendait à un ping-pong céleste entre deux génies : Peter Brook mettant en scène sa version de « la Flûte enchantée » de Mozart. On voyait d’ici l’opéra-comique dépoussiéré de sa pompe, l’imagerie grandiloquente laissée au placard, l’orchestre symphonique troqué pour un piano. On allait rire de bon cœur avec Papageno et trembler sous les contre-fa de la Reine de la nuit. Mais étrangement, malgré la fraîcheur des interprètes et la simplicité de la mise en scène, l’enchantement n’a pas eu lieu.

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mardi 16 novembre 2010

"C'est comme ça et me faîtes pas chier" de Rodrigo Garcia


Une soirée mise en scène par Rodrigo García, ça ne se refuse pas : c’est comme une fiesta poétique avec musique en direct. On y croise des crabes géants, des hommes-pelouses en feu, des mers de Javel, des duvets à grelots. Les images se gravent en nous, la musique s’invite dans nos mémoires. On ne sait plus trop quel est le sujet de « C’est comme ça et me faites pas chier », mais peu importe finalement puisqu’on ressort avec la certitude d’être bien vivant.

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One Man Show d'Alex Lutz


Alex Lutz, c’est le nouveau comique qui monte, qui monte et qui pourrait bien être celui qui vous réconcilie avec le one-man-show. Ici, pas de vannes faciles décochées à la va-vite ni de sentences assassines, on est dans une forme comique qui redonne toute sa grandeur à l’art de capter et d’animer des personnages. Un vrai petit rayon de soleil.

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mardi 26 octobre 2010

"Opening Night" de John Cromwell m.e.s JP Bazziconi


Soir de première au Théâtre Mouffetard. La mise en abyme est totale puisqu’on y joue le somptueux texte de John Cromwell « Opening Night ». Une incursion dans les coulisses théâtrales avec un grand rôle féminin à la clé, celui de Fanny Ellis, une star vieillissante et alcoolique qui refuse d’assister au tomber de rideau final. La mise en scène statique et pauvre, les décors et les costumes bon marché n’enlèvent rien à la performance de Marie-Christine Barrault, qui relève le défi sans aucune coquetterie.

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mardi 12 octobre 2010

Tartuffe d'après Tartuffe m.e.s Gwénaël Morin


Du gros Scotch vert fluo, une bonne photocopieuse, des comédiens divins et du travail… C’est tout ce qu’il faut à Gwenaël Morin pour mettre en scène le « Tartuffe » de Molière. Et il y a quelque chose de très vivifiant et de très accessible dans ce décor artisanal et dans l’état d’excitation permanent dans lequel sont plongés les comédiens. Quelque chose qui emprunte autant au cartoon qu’à la tragédie et qui mélange les registres avec une intelligence propre au théâtre populaire.

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Dom Juan d'après Molière / m.e.s Marc Sussi


Exit la poudre, les perruques et les décors extérieurs de Sicile. Marc Sussi s’attaque au « Dom Juan » de Molière dans une mise en scène pour le moins brouillonne. Sous sa direction, « le Pourceau d’Épicure » se transforme en adolescent en crise et se fait piquer la vedette par un Sganarelle tout en dentelles. Un comble, pour Dom Juan, que de ne point séduire…

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jeudi 1 juillet 2010

"Les Âmes mortes" de Gogol par Anton Kouznetsov


Montez dans une Britchka sur ressorts et suivez les étranges aventures de Tchitchikov, le héros obséquieux du roman sublime de Gogol : « les Âmes mortes ». Cette adaptation parfaite et sans temps morts dresse un portrait grinçant de la Russie du xixe siècle et de son cortège de nobles de troisième main, de fonctionnaires véreux et de notables cupides. Portée par un trio d’acteurs incroyables, cette fresque mythique prend vie sous la direction d’Anton Kouznetsov. Un vrai petit miracle.

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"Tempête!" adaptation de Shakespeare par Irina Brook


Irina Brook a l’immense qualité de s’attaquer librement aux monuments du patrimoine littéraire. La fraîcheur inconsciente avec laquelle elle adapte aujourd’hui le dernier chef-d’œuvre de Shakespeare fera bouillir plus d’un gardien du temple. Sous son regard, « la Tempête » se transforme en songe de l’âge d’or du cinéma italien, et Prospero devient un chef pizzaïolo ! Ce pied de nez, bien que joyeusement orchestré, génère de la confusion, et l’intrigue part à la dérive. Loin, bien loin de l’île rêvée par Shakespeare.

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mardi 25 mai 2010

Oxu de et avec Jean-Claude Legay, Christine Murillo et Grégoire Œstermann


Après avoir cassé la baraque au Rond-Point, les trois auteurs du mythique « Baleinié » reviennent avec « Oxu » à La Pépinière Théâtre pour une séance de brainstorming clownesque. Dans un décor de bric et de broc, ces siphonnés du vocable réinventent la langue et mettent précisément le doigt là où ça fait mal. De digression jouissive en fausse bataille d’ego, le trio met à nu les ficelles de l’écriture collective. Une mise en abyme fort sympathique bien qu’un poil attendue.

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lundi 10 mai 2010

"Héros-limite" de Ghérasim Luca


L’air doux du soir se glisse dans le passage Molière, on entre dans la Maison de la poésie avec envie. À l’affiche : un texte du poète roumain d’orientation surréaliste, Ghérasim Luca. Dans « Héros-limite », le monologue intime alterne avec la logorrhée sublime. Vidés de leur sens, les mots ripent, se tordent, s’essoufflent avant de s’ouvrir sur un air d’accordéon.

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"Woyzeck" d'après "Woyzeck" de Georg Büchner


Créé dans l’urgence dans le cadre du Théâtre Permanent, ce « Woyzeck » de Gwénaël Morin fait l’effet d’une décharge électrique. Entre sueurs, courses fiévreuses et interprétations tout autant animales que magistrales, le texte fragmentaire de Büchner explose sur la scène du Théâtre de la Bastille et secoue par ses fulgurances poétiques.

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jeudi 25 février 2010

"Vous avez quel âge?" avec Jean Piat


En ces temps de jeunisme obtus, Jean Piat nous fait une conférence humoristique sur les bienfaits et les inconvénients du grand âge. Proclamé ministre de la Vieillesse et de son sort, le comédien enchaîne les traits d’esprit et cite Sacha Guitry, Jules Renard ou Gabin. Malgré le charme et la vivacité de son interprète, la mise en scène paraît un peu plate et le texte nous fait l’effet d’un vague copier-coller du dictionnaire des citations.

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Cercles/Fictions de Joël Pommerat



Joël Pommerat est un magicien. Dans « Cercles/Fictions », il met en scène des fragments de vie, des saynètes où la réalité se fissure et fait place à une ambiguïté surnaturelle. Entre onirisme et théâtre de l’intime, ses tableaux convoquent tous nos sens et mystifient par leur justesse et leur beauté. Cette expérience d’une grande intensité donne l’impression étrange d’arpenter les couloirs de la mémoire ou de vivre un rêve éveillé.

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jeudi 4 février 2010

Fantaisies de Carole Thibaut


Pour la reprise de ses « Fantaisies » à Confluences, Carole Thibaut nous emmène dans une balade de l’intime qui questionne l’histoire des femmes et du féminin. Cette performance solo et sensuelle se vit comme un secret partagé, où la curiosité se mêle à la semi-obscurité.

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L'immédiat de Camille Boitel


Le Théâtre de la Cité-Internationale sens dessus dessous ? La cause de ce joyeux bordel tient à la créativité foldingue et faussement foutraque de Camille Boitel. Dans un décor de récup’ qui ferait verdir d’envie Jean-Pierre Jeunet, six acrobates-bricoleurs s’amusent à chorégraphier le chaos. Leurs cascades décapantes et l’exploration poétique des petites névroses libèrent une furieuse énergie et procurent une joie intense.

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lundi 28 décembre 2009

Le comte de Bouderbala



Samy Ameziane, alias le comte de Bouderbala, débarque dans la salle voûtée du Petit Gymnase pour un stand-up malicieux et posé. Dans son collimateur : l’Éducation nationale, le rêve américain et les problèmes de syntaxe des rappeurs. Un menu original, souvent drôle, qui pèche malgré tout par le caractère inégal de ses textes et une interprétation en dents de scie.

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Versus de Rodrigo Garcia



Rodrigo Garcia, l’enfant terrible de la scène ibérique, revient au Théâtre du Rond-Point pour un spectacle furieusement déjanté. « Versus » nous parle de l’amour des uns et de l’indifférence des autres. Sur le plateau, les comédiens découpent des pizzas, font du rock, mangent des steaks tartare et jouent au tennis. La vie, la vraie, en espagnol surtitré.

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samedi 19 décembre 2009

Nearly Ninety de Merce Cunningham

Les temps sont durs pour la danse contemporaine. Le 26 juillet 2009, un mois après l’annonce de la disparition de Pina Bausch, Merce Cunningham nous quittait. Le Théâtre de la Ville rend hommage au maître et présente sa dernière création « Nearly 90² ». Un bel adieu qui commence dans l’obscurité pour finir sur un plateau irradié.

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dimanche 8 novembre 2009

Partage de Midi de Paul Claudel



Dépoussiérer Claudel. C’est le pari ambitieux de la Comédie-Française qui propose son « Partage de midi » sur les planches du Théâtre Marigny. A priori, tout est parfait. À commencer par un très beau duo : Marina Hands, en Ysé à la fois fragile et redoutable, et Éric Ruf, tout en pudeur et en émotions. La lumière, somptueuse, évoque Le Caravage, et les corps évoluent dans des décors partiels, qui génèrent le mystère. Mais, malgré toute l’élégance de la mise en scène, le texte reste bloqué sur ses élans mystiques et son accoutrement lyrique, et on finit par décrocher.

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Golgotha de Steven Cohen



Zone de turbulences à Beaubourg. Le sulfureux Steven Cohen nous présente sa dernière création, « Golgotha ». Une performance solo en forme de vanité, qui réintroduit la mort dans le champ poétique. Son style unique et « barré » superpose danses et vidéos, fétichisme et images pieuses dans une chorégraphie flamboyante et magnétique.

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La Paranoïa de R. Spregelburd



Les trompettes de Chaillot battent le rappel. Plus que dix minutes pour prendre place dans la salle Gémier et découvrir le sixième volet de l’heptalogie de Rafael Spregelburd, « la Paranoïa ». Une pièce d’anticipation, où se croisent robot, astronaute, Barbie fermière et flic boulimique. Une comédie caméléon qui zappe sans complexes entre les genres et qui transcende les codes des films d’horreur série B et des telenovelas. Servie par un ingénieux dispositif scénique et une performance sportive des comédiens, la pièce délaisse son sujet au profit d’une forme ludique et expéditive qui perd le spectateur en route.

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mercredi 16 septembre 2009

Victor Bâton au Trois Baudets



« Victor Bâton » est l’adaptation lumineuse d’un des plus grands romans d’Emmanuel Bove, « Mes amis ». Un texte d’une grande beauté et le solo rêvé pour l’acteur Thierry Gimenez, qui dessine au fusain les contours d’un personnage désaxé évoluant seul dans la grisaille des années trente. Le tout sublimé par l’accordéon de Marc Perrone en personne et servi dans la jolie salle des Trois Baudets.

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jeudi 27 août 2009


Concert de Yorfela aux déchargeurs



Pierres de taille, rideaux rouges et voûtes d’un autre âge. La salle Bohème des Déchargeurs est un petit coin d’intimité qui correspond en tout point à l’univers nostalgique des chansons de Yorfela. Des compositions qui balancent, hésitant joliment entre rythmes brésiliens et flamencos, et une voix grave et chuintante qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Serge Gainsbourg à ses débuts. Du velours.

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lundi 3 août 2009


Messe de Requiem de Mozart



Église Saint-Germain-des-Prés, il est 20 h 30. Les vitraux voient le soleil s’éteindre et les murmures montent sous la nef. Le public est nerveux, l’attente est forcément grande. Le « Requiem » de Mozart est un programme qu’on ne présente plus tant sa mythologie est étroitement liée à celle du génie total de Salzbourg. Ce tête-à-tête avec la mort, humblement dirigé par Frédéric Loisel et porté par le chœur du festival Musique en l’île, reste une expérience d’une grande intensité.

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6ème Grand Slam National



Pour beaucoup, le slam est le parent pauvre de la poésie. Pour d’autres, c’est sa petite fille riche. Ceux-là étaient réunis toute cette semaine à Bobigny pour le sixième Grand Slam 2009. Une véritable fête à en croire l’ambiance « campus » aux abords de la salle Pablo-Neruda. Sous le soleil, de jeunes performeurs grattent leur guitare et s’échauffent la voix avant la finale. Trois minutes pour défendre leurs textes et toucher le jury. C’est réussi.

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vendredi 5 juin 2009

La Estupidez de R. Spregelburd



Reprise ! « La Estupidez » nous revient dans la salle Jean-Vilar de Chaillot pour trois heures trente de boulevard « new look ». Détournant les codes du cinéma de genre, la pièce de Spregelburd suit les errances de vingt-quatre personnages paumés à Las Vegas. De fausses scènes d’anthologie se succèdent à toute allure dans des décors mouvants et acidulés. Mais rien n’y fait, malgré des dialogues déjantés dignes de Tarantino et une distribution de haut vol (Marina Foïs, Karin Viard), la pièce ne décolle pas. Et pire… on s’ennuie !

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lundi 1 juin 2009

Fragments de Samuel Beckett



Sur le plateau des Bouffes du Nord, deux géants se cherchent, s’interrogent, se répondent. Peter Brook met en scène des fragments de Beckett. On y découvre cinq textes rares de l’auteur irlandais, des dramaticules en un acte, bavards ou muets, drôles ou poignants. Un grand et beau moment de solitudes partagées et en version anglaise s’il-vous-plaît.

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Spregelburd dans le texte



Quinze heures, déjà ? Je quitte le stand des « Trois Coups », direction le café littéraire pour un rendez-vous autour de l’écriture de Rafael Spregelburd. Il y a ici une ambiance de buvette des bords de Marne. Des toiles cirées fleuries sous de vastes parasols. Un-deux, un-deux, le micro marche, l’entretien peut commencer.

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mercredi 22 avril 2009

Laurent Lafitte, comme son nom l'indique



Laurent Lafitte cultive l’art du portrait. Mais pas de la gentille aquarelle qu’on accroche au-dessus de la cheminée pour se rassurer, non, on parle ici d’une peinture au vitriol. À la fois corrosif et jubilatoire, son one-man-show impose un ton nouveau. Entre sensibilité exacerbée et trash assumé.

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mardi 14 avril 2009

Mustapha à l'Olympia



Vingt-trois ans les bras levés, une gueule d’ange et une gouaille à faire pâlir les poissonniers de Rungis. Voilà en quelques mots Mustapha el-Atrassi, le génie précoce du stand-up, le petit favori de Laurent Ruquier, qui s’offrait vendredi soir pour la version 2.0 de son one-man-show la bagatelle de jouer à L’Olympia, rien que ça.

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vendredi 3 avril 2009

Yes we can't



Plus William Forsythe avance dans son parcours chorégraphique et plus ses créations puisent dans le registre du désespoir et de l’hystérie collective. Avec « Yes We Can’t », il adopte une syntaxe syncopée et régressive qui appuie là où ça fait mal. Le résultat est brutal et désenchanté.

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mardi 17 mars 2009

Music-hall



Hier soir, j’étais à Buenos Aires. Ou alors pas très loin, au Théâtre de la Boutonnière. On y jouait du Jean-Luc Lagarce, un peu après la bataille. Un « Music-hall » sensuel et renversant. L’histoire d’une passion folle sur un air de Tango.

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lundi 2 mars 2009

L'Anniversaire



Prototype du « théâtre de la menace » cher à Harold Pinter, « l’Anniversaire » est une pièce qui fissure la représentation du confort domestique. Une pièce qui se joue entre les mots, dans les interstices. Porté par une distribution ultra-musclée et monté pour la Comédie des Champs-Élysées, ce spectacle avait tout pour faire l’évènement. Hélas, la mise en scène de Michel Fagadau s’enlise dans un faux rythme assumé. Ennuyeux et hors sujet.

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jeudi 29 janvier 2009

L'Opéra de Sarah



Quoi de plus approprié qu’un opéra au Théâtre de l’Œuvre pour évoquer le destin fou de la grande Sarah Bernhardt ? Alain Marcel signe ici un livret tout en démesure et tente péniblement de ressusciter la Divine. Grosse ombre au tableau, les soixante personnages de la pièce sont interprétés par le seul Jérôme Pradon, qui malgré d’incroyables déploiements d’énergie, semble s’y perdre. Nous aussi.

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mercredi 28 janvier 2009

Les vipères se parfument au jasmin



Seul sur la scène du Théâtre 71, Nasser Djemaï nous offre un conte urbain sur le mode tragi-comique et relève le défi d’incarner une multitude de personnages tous plus vrais que nature. La belle simplicité du récit et la justesse de son interprétation font mouche, presque à tous les coups.

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vendredi 19 décembre 2008

Looking for Mr Castang


Diling-Diling ! Une Mère Noël transgenre bat le rappel et distribue du vin chaud à l’entrée du Théâtre Marigny. L’idée est fort bonne et plutôt sympathique à l’image d’Édouard Baer, l’ex-enfant terrible de Canal+, qui présente son dernier spectacle « Looking for Mr Castang ». Mais la reprise prometteuse de ce qui s’annonçait être un voyage musical et spatio-temporel se transforme vite en un patchwork décousu. Les numéros, poussifs et sans saveur sont comme ce petit vin de Noël : ça se boit, mais attention à l’overdose de cannelle !

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lundi 8 décembre 2008

Les Bonimenteurs



Pour la sortie en DVD de leur spectacle, les Bonimenteurs remettent le couvert pour deux soirées exceptionnelles au Casino de Paris. Pour le retour des fils prodigues, l’ambiance était électrique. Les guichetières en panique accueillaient un méli-mélo de fans impatients et de VIP en goguette, tous venus applaudir le duo star de l’improvisation.

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mercredi 3 décembre 2008

Steven Cohen



Le performeur Steven Cohen fait crisser ses talons dans la grande salle du Centre Pompidou. Néons rouges et plateau nu accueillent les trois solos sulfureux de ce mutant transgenre. Une provocation éclatante et inspirée.

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S'agite et se pavane



« S’agite et se pavane » est la dernière pièce d’Ingmar Bergman. C’est aussi une véritable déclaration d’amour pour le théâtre et un kaléidoscope des angoisses métaphysiques de l’auteur. Un challenge pour qui s’y colle et une jolie prise de risque pour le Nouveau Théâtre de Montreuil. Mais Célie Pauthe n’est pas du genre à se laisser impressionner. Elle dépoussière le maître suédois et nous livre une œuvre élégante et habitée.

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Entre chien et loup



« Entre chien et loup » est le premier spectacle de marionnettes en langue des signes française et en français. C’est aussi un voyage ludique dans l’univers des fables de La Fontaine et l’occasion de découvrir un lieu extrêmement chaleureux, l’International Visual Theatre.

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vendredi 24 octobre 2008

Raté-Rattrapé-Raté Nikolaus/Cie pré-o-ccupé



Les trois clowns déjantés de la Cie Pré-o-ccupé posent leurs cartons sous le chapiteau bleu de la Pelouse de Reuilly. Un joli coude à coude entre spectateurs et une trinité défroquée qui sonde le pourquoi du comment sur un mode jubilatoire.

Rentrer sous un chapiteau est toujours un moment chargé de nostalgie. On s'assoit sur les gradins en souriant à ses voisins comme si c'était la rentrée des classes. On fouille la piste du regard pour imaginer le spectacle à venir : des marques au sol, des piles de cartons, des portes en acier estampillées de larges numéros. Puis rien de ce qu'on s'était imaginé ne se produit. Évidemment
avec Nikolaus et ses acolytes barjots, mieux vaut être prêt à tout lâcher, pour rentrer dans le bal de la folie ordinaire. Mais ce voyage burlesque et poétique vaut assurément un petit abandon.

Un grand bonhomme rentre en scène, il est vêtu d'un imperméable et tient dans sa main un petit carnet de note. C'est un peu la doublure hybride de l'inspecteur gadget et de Monsieur Hulot. Il parle avec un accent traînant venu de nulle-part et se propose de nous expliquer l'histoire de la création du monde. Pari savoureusement audacieux pour cette joyeuse équipe de bras cassés. Pour l'aider dans cette tâche herculéenne, ils sont deux : un funambule simplet en slip jaune moutarde, avec une monture de lunette volée à Gotlib et un acrobate minutieux et flegmatique prêt à tout pour faire avancer la science.

Le postulat est posé, le show peut alors commencer. Les numéros se succèdent dans une énergie alternative, où les instants de poésie prennent le pas sur les gags potaches des trois confrères. Les effets spéciaux tomato-ketchup et les bastonnades au pain rance cohabitent naturellement avec les tremblements du funambule et les convulsions de l'équilibriste. Chaque saynète explore les limites de la gravité et de la physique en général. Les clowns jouent à faire peur au public et s'imposent des missions suicidaires où plane systématiquement la possibilité d'une chute, d'un échec, d'un loupé.
Cette fausse précarité de l'équilibre devient même hilarante lorsque le funambule laisse maladroitement tombé ses lunettes et son pantalon en plein exercice de haute voltige.

Très vite la connivence avec le public s'établit. Des « holala » d'empathie fusent ça et là et on arrive parfois à se dire que les numéros frisent le masochisme. Un peu jackass sur les bords. Tendrement poétique au centre. Le climax est atteint lorsque Nikolaus arme une catapulte à oeuf face public.
On pense que cette divine prise d'otage sera le pied de nez final. Encore raté. Les voilà qui nous invitent à partager une dernière danse. Une danse paradoxale : aérienne et entravée, chaotique et harmonieuse. Une danse qui comme eux, réconcilie l'inconciliable.

Fiche spectacle
Raté-Rattrapé-Raté de Nikolaus/Cie Pré-o-ccupé
www.preoccupe-nikolaus.com
Conception : Nikolaus-Maria Holtz et Christian Lucas
Sur une idée originale de et Nikolaus-Maria Holtz
Mise en scène : Christian Lucas
Avec : Nikolaus, clown-jongleur-acrobate ; Mika Kaski, équilibriste ; Pierre Déaux, funambule.
Écriture collective : Nikolaus-Maria Holtz, Christian Lucas, Mika Kaski, Pierre Déaux
Création lumière-scénographie : Hervé Gary
Création musicale : Olivier Manoury

samedi 23 août 2008


Monkey Business



Après le succès d'animal crackers, les Marx brothers sont courtisés par Hollywood. Avec 'Monkey business', les frères finissent d'huiler la machine et nous livrent une comédie pétaradante au rythme endiablé. Une mécanique de l'absurde servie par des gags d'anthologie.

L'histoire.
Quatre passagers clandestins se cachent dans les caves d'un paquebot de croisière qui file tout droit vers New York. L'équipage ne l'entend pas ainsi et pourchasse les quatre marlous qui ne sont autres que... Groucho, Chico, Harpo et Zeppo ! Une course-poursuite des plus burlesques se jouent alors à bord. Très vite et pour garder leur couverture, les frères se mettent au service de deux gangsters rivaux Alky Briggs et Joe Helton et débarquent finalement à New York.
Joe Helton, ancien parrain de la mafia, organise alors une grande fête dans son château pour présenter sa fille à la bonne société new yorkaise. La belle après avoir séduit Zeppo, se fait kidnapper par le gang adverse. Mais c'est sans compter sur le courage des Marx brothers qui viennent la libérer dans l'étable où elle est retenue captive...

Analyse
A l'inverse de « the cocoanuts » et de « the animal crackers », le scénario de monnaie de singe n'est pas basé sur un vieux spectacle des Marx brothers. Et quand on regarde le film, on a une impression de légèreté et de fluidité du scénario. La course en avant des 4 clandestins reste le moteur et l'énergie maîtresse du film. Les gags et les numéros chantés viennent ponctuer l'action sans jamais la plomber. Et l'intention comique répond à une mécanique extrêmement efficace qui repose sur la personnalité et les talents de chaque frère.

Groucho, l'insolent qui ne reconnaît aucune autorité et dont la faconde vient à bout de tout. A force de syllogismes, de mûflerie et de bons mots il tord toutes les situations à son avantage : le gangster Alky Briggs le surprend au lit avec sa femme et va pour le tuer mais à la fin de la séquence, séduit par son culot il l'engage comme bodyguard. Et puis y a Harpo, le clown silencieux sans logique apparente que celle de créer du chaos et de générer des gags. Son univers oscille entre poésie grand guignol et perversité. Ainsi en aïeul lumineux de Benny Hill, il passe une partie du film à effrayer les jeunes femmes et à les pourchasser sur le paquebot. Véritable caution burlesque des Marx, il joue aussi de la Harpe avec brio (d'où son nom) ce qui dans le film est prétexte à faire des pauses musicales, comme dans cette scène où il accompagne une diva, complètement submergé par la tessiture hystérique de cette dernière. Chico fait office de traît d'union entre ses deux univers irréconciliables, l'un extrêmement bavard et spirituel, l'autre complètement lunaire et mimé. C'est le seul à sortir indemne d'une conversation avec Groucho, c'est le grand frère aussi, toujours dans les mauvais coups, il relance l'action et apprivoise les pianos. Zeppo, lui, avec sa gueule d'ange et ses idylles à deux sous prend les restes : figure du jeune premier, il est le seul à être un peu normal dans la fratrie. Tristement invisible.

Monkey business est un film qui va à 300 miles de l'heure. Mais c'est aussi un film qui se laisse le temps d'exploiter ses gags au maximum. Ainsi, des scènes devenues anthologiques se succèdent dans l'urgence et sans jamais obscurcir le canevas très aérien du film : L'épisode magique où les Marx, pour passer la douane tentent de se faire passer pour Maurice Chevalier, avec un Harpo muet qui fait jouer son gramophone à manivelle dans son dos. La séquence géniale où Harpo se bastonne avec un brigadier dans une représentation divinement musclée de Guignol, Chico au piano et ses doigts-revolvers, la partie d'échec ruinée par Harpo, la recherche des clandestins dans les cales et le cocasse jeu de cache-cache dans les tonneaux.

Inventant une forme d'humour chamarrée et métisse, résistant au temps et à l'indifférence des cinéphiles français qui les boudent, les Marx brothers, font ce qu'ils savent le mieux faire, faire rire et ils font ça très bien.

Fiche technique
MONKEY BUSINESS
réalisé par : Norman Mcleod
auteurs : S.J. Perleman, Will B. Johnson, Arthur Sheekman

CAST :
Groucho Marx (Groucho)
Chico Marx (Chico)
Harpo Marx (Harpo)
Zeppo Marx (Zeppo)
Thelma Todd (Lucille Briggs)
Harry Woods (Alky Briggs)
Rockliffe Fellows (Joe Helton)
Ruth Hall (Mary Helton)
Ben Taggart (Captain)
Tom Kennedy (First Officer)
Otto Fries (Officer)
participation de Samuel "Frenchy" Marx (passager sur le paquebot)